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Bien démarrer avec l’interface FTCU
La broderie, c’est un jeu de millimètres. Si vous avez déjà redimensionné un motif, enregistré le « mauvais » type de fichier, puis découvert le problème seulement quand la machine a commencé à marteler le tissu, ce guide sert de filet de sécurité. L’objectif : relier ce que vous voyez à l’écran à ce qui se passe réellement sur le vêtement, pour que le rendu brodé corresponde au plan.

Comprendre les rubans et informations de l’espace de travail
En haut de Floriani Total Control U (FTCU), la vidéo insiste sur le « tableau de bord » à lire en premier : nombre de points, couleurs, dimensions du motif.
Pourquoi c’est crucial (la logique de densité) : Le nombre de points n’est pas qu’un chiffre : c’est la quantité de fil que vous forcez physiquement dans la matière.
- Repère concret : imaginez votre tissu comme une éponge. Il ne peut absorber qu’une certaine quantité d’eau (ici : du fil) avant de devenir lourd, raide et déformé.
- Si vous réduisez un motif de 50 % mais que le nombre de points ne bouge pas, vous créez un « patch blindé » : densité excessive, risques de casse d’aiguille et de bourrage. Habituez-vous à vérifier ces valeurs avant d’envoyer quoi que ce soit à la machine.
Redimensionner un texte correctement
Dans la vidéo, la créatrice clique sur « All Items » pour regrouper le texte, puis redimensionne en tirant une poignée d’angle. Point clé : quand le motif est un objet natif (texte généré par le logiciel), FTCU recalcule automatiquement les points pendant la mise à l’échelle.

Faites-le exactement comme ceci (actions d’abord) :
- Contrôle initial : regardez la barre du haut. Notez le nombre de points actuel (ex. 5 000 points).
- Regrouper : cliquez All Items pour traiter le texte comme un seul bloc.
- Redimensionner : tirez une poignée d’angle jusqu’à la taille souhaitée.
- Vérifier : observez immédiatement la barre du haut : le nombre de points doit évoluer (ex. descendre à 3 500).
Point de contrôle : si la taille change mais que le nombre de points reste strictement identique, arrêtez. Vous êtes probablement en train de comprimer la densité.
Astuce atelier (règle des ± 20 %) : même avec recalcul automatique, évitez de redimensionner au-delà d’environ 20 % sans contrôle approfondi. En réduisant trop, les lettres se ferment ; en agrandissant trop, des vides apparaissent et le tissu se voit.
L’importance des fichiers de travail WAF
L’habitude la plus importante montrée dans la vidéo : enregistrer un vrai fichier maître éditable. On vous montre Save As puis l’enregistrement en WAF (format de travail).

Pourquoi c’est important (contexte pro) : Considérez le fichier WAF comme votre « négatif numérique » et le fichier PES/DST comme la « photo imprimée ».
- Maître (WAF) : contient l’ADN du motif (données de police, formes, densités, paramètres). Très éditable.
- Fichier machine (ex. PES) : contient surtout des déplacements X/Y (points « figés »). Beaucoup plus difficile à retoucher proprement.
Règle d’or : ne numérisez pas et ne modifiez pas sérieusement sans avoir d’abord enregistré le WAF. Si un client redemande « le logo juste un peu plus grand » la semaine prochaine, le WAF vous évite de tout reconstruire.
Éditer et modifier des motifs
Cette partie explique comment travailler sur des fichiers de points existants sans créer de « nids de fil » ni provoquer des casses d’aiguille.
Importer des fichiers PES et JEF
La vidéo montre l’ouverture d’un motif existant en localisant un logo PES puis en l’ouvrant dans l’espace de travail.

Point de contrôle : identifiez la source.
- Objet natif : créé dans FTCU. Redimensionnement généralement plus sûr.
- Fichier de points (PES/DST/JEF…) : acheté/téléchargé. Redimensionnement à risque, car les points sont « cuits ».
Changer les couleurs de fil
La vidéo montre la sélection d’un bloc couleur dans la séquence, puis le changement de couleur (exemple : passer un monogramme en rose).

Résultat attendu : l’aperçu se met à jour. Avertissement pratique : changer une couleur à l’écran est simple, mais sur tissu certaines teintes « lisent » différemment. Avant une production, validez surtout la couverture : si vous passez à un contraste fort, assurez-vous que la sous-couche (underlay) est suffisante pour éviter que la couleur du tissu ne transparaisse.
Visualiser avec la vue 3D
La vidéo active la vue 3D pour voir les points comme une texture, et non comme un simple dessin plat.

Pourquoi c’est utile (contrôle visuel) : Servez-vous de la 3D pour repérer un excès de densité.
- À l’écran : si le motif ressemble à un bloc très « plein ».
- En vrai : il risque d’être raide, inconfortable et de marquer le tissu. C’est souvent un signal qu’il faut réduire la densité ou revoir la sous-couche.
Le piège du « redimensionnement des fichiers de points » (et comment s’en sortir)
La vidéo donne une alerte essentielle : changer la taille d’un fichier de points enregistré n’a pas ajusté le nombre de points. La créatrice insiste sur l’usage de Undo.
Correctif basé sur la vidéo : si vous redimensionnez un fichier PES et que le nombre de points ne bouge pas : faites Undo immédiatement.
Confirmer la compatibilité cadre avant l’export
La vidéo montre l’icône de sélection de cadre et le choix d’une taille de cadre adaptée au motif.

Contexte atelier : Les cadres standards sont ronds ou rectangulaires.
- Un motif trop proche du bord est une zone à risque : la tension est souvent moins stable près des limites du cadre, ce qui favorise les fronces.
- Amélioration matériel : si vous luttez contre un placement de travers ou des marques de cadre (anneau brillant sur certains tissus), c’est souvent un problème de matériel/mise en cadre, pas de logiciel. Beaucoup d’ateliers passent à des cadres de broderie magnétiques : le tissu est maintenu par effet « sandwich » sans écraser autant les fibres, ce qui aide sur les matières délicates ou volumineuses.
Numériser des formes personnalisées
La vidéo passe de l’édition à la création : utiliser des outils de numérisation pour convertir un dessin en commandes de broderie.
Utiliser l’outil Pen et les formes personnalisées
La vidéo présente l’outil Pen tool pour tracer des lignes/courbes et choisir des modes de dessin.

Puis elle montre Custom Shapes, avec un cœur. Point important : à ce stade, ce n’est que de l’« encre numérique ».

Point de contrôle : regardez la zone « Properties ». Est-ce indiqué comme Artwork ou comme Run/Fill ? La machine ne brode pas de l’Artwork.
Convertir un contour en remplissage
La vidéo montre la création d’un Outline Run, puis la conversion en Filled Design, avec changement de motif de remplissage.

Exécution pas à pas :
- Placer la forme : déposer le cœur.
- Assigner un type : cliquer Outline Run (conversion en points de contour).
- Convertir : passer en Filled Design (remplissage intérieur).
- Affiner : choisir un motif de remplissage adapté à la taille.
Contrôler le sens des points
La vidéo montre le réglage des points de départ/fin et/ou de la direction (angle), avec une consigne : toujours cliquer Apply.

Pourquoi l’angle compte (physique « push-pull ») : Les points tirent le tissu dans le sens des points et le repoussent perpendiculairement.
- Diagnostic : si un cercle sort en ovale, l’orientation des points « travaille » contre le droit-fil/chaîne et trame.
Maîtriser le texte et la mise en page
Le texte est une source majeure de chiffre d’affaires en broderie, mais aussi l’un des points les plus sensibles.
Ajouter des polices de broderie
La vidéo utilise l’outil Text tool pour écrire « Love ».

Ajuster le crénage et l’alignement
La vidéo montre qu’on peut attraper une lettre pour corriger un espace.
Astuce (effet d’enfoncement) :
- À l’écran : des lettres qui se touchent, c’est déjà limite.
- Sur tissu : les points tirent vers l’intérieur et peuvent s’enfoncer dans le poil (nap) des matières.
La vidéo montre aussi l’alignement des éléments via les outils du logiciel.

Combiner plusieurs éléments de motif

Efficacité en production : Pour des commandes en série (logo + prénom, par exemple), préparer la composition dans le logiciel est logique. Mais si vous perdez du temps à aligner « à l’œil » sur 50 pièces avec un cadre standard, envisagez une station de cadrage pour machine à broder. Ces dispositifs aident à répéter la mise en cadre au même emplacement, ce qui réduit les corrections d’alignement au logiciel.
La puissance de Save2Sew
Save2Sew fait le lien entre le numérique et le réel : il ajuste automatiquement des paramètres selon la matière.
Choisir un type de tissu (ex. Flannel)
Dans la vidéo, on clique Save2Sew, on sélectionne Flannel, et on indique qu’on l’a numérisé (« I digitized »).

Logique à retenir :
- Flannel / tissus duveteux : matières « spongieuses » avec du relief.
- Risque : les points « disparaissent » en s’enfonçant.
- Solution : Save2Sew renforce les réglages (notamment la sous-couche) pour préparer une base plus stable.
Ajustements automatiques : densité, sous-couche, compensation
Dans « New Style Settings », la vidéo coche : Apply new density, Apply new underlay, Apply pull compensation.
Point de contrôle : cochez-les systématiquement quand vous adaptez un motif à une matière. Sans compensation, certaines formes peuvent se déformer à la broderie.
Recommandations de stabilisateurs (et comment les appliquer)
La vidéo précise que Save2Sew génère des instructions incluant des recommandations de stabilisateur, de mise en cadre et de film (topper).
Arbre de décision : la « trinité » de la stabilisation Utilisez cette logique pour valider la recommandation du logiciel :
- SI le tissu est extensible (T-shirts, polos, mailles) :
- Stabilisateur : cut-away.
- Mise en cadre : ne pas étirer ; poser le tissu à plat, neutre.
- SI le tissu est stable (denim, toile, etc.) :
- Stabilisateur : tear-away souvent suffisant.
- SI le tissu a du poil/relief (éponge, velours, polaire) :
- Film : water soluble topper (film hydrosoluble) sur le dessus pour éviter l’enfoncement.
Trajectoire d’évolution (échelle production)
Le logiciel prépare le fichier, mais l’équipement sécurise la rentabilité.
- Scénario : vous recevez des commandes de séries (20+ pièces).
- Goulot : trop de changements de couleur et de manipulations.
- Déclic : c’est souvent le moment d’évaluer une machine à broder multi-aiguilles pour gagner en cadence.
Préparation
Avant même de toucher la souris, assurez-vous que l’atelier est prêt.
Consommables « invisibles » & contrôles de risque
- Aiguille neuve : une aiguille émoussée pousse le tissu et augmente les défauts. Adaptez le type d’aiguille à la matière.
- Adhésifs temporaires : utiles pour maintenir le tissu sur le stabilisateur si nécessaire.
- Sécurité : repérez l’arrêt d’urgence de votre machine.
Checklist de préparation (ne démarrez pas sans)
- Dossier WAF créé : emplacement dédié aux fichiers maîtres.
- Test physique : chute de tissu, fil supérieur + fil de canette, stabilisateur identiques au projet final.
- Contrôle aiguille : aiguille droite et en bon état.
- Machine propre : zone canette débarrassée des peluches.
Réglages
Cette phase consiste à faire correspondre le plan numérique aux contraintes physiques.
Checklist de réglage
- Contrôle densité : le nombre de points a-t-il changé après redimensionnement ?
- Contrôle cadre : le motif tient-il dans la zone utile du cadre ?
- Format de fichier : exportez-vous le bon format machine (ex. PES, etc.) ?
- Sauvegarde maître : le
.WAFa-t-il été enregistré avant le fichier machine ?
Exécution
Appliquez les étapes de la vidéo avec une boucle simple et sûre.
Flux pas à pas (avec contrôles concrets)
- Lire les stats :
- Action : vérifier nombre de points / dimensions.
- Éditer les objets natifs :
- Action : regrouper et redimensionner le texte.
- Numériser / modifier :
- Action : ajouter formes et remplissages.
- Save2Sew :
- Action : sélectionner le tissu (ex. Flannel).
- Résultat : paramètres adaptés (densité/sous-couche/compensation).
- Export final :
- Action : enregistrer WAF, puis enregistrer le fichier machine.
- Transfert : USB ou envoi vers la machine.
Checklist d’exécution
- Film posé : si tissu à relief, le film hydrosoluble est-il en place ?
- Tension en cadre : le tissu est-il tendu sans être déformé ?
- Canette : assez de fil de canette pour finir le motif ?
- Trace : lancer la fonction « Trace » sur la machine pour éviter de toucher le cadre.
Contrôles qualité
L’analyse après broderie est ce qui fait progresser.
QC à l’écran
- Zoom : vérifier les jonctions entre lettres et les sauts (jump stitches) trop longs.
QC sur pièce (retour terrain)
- Test au toucher : trop rêche/raide = densité trop élevée ou sous-couche inadaptée.
- Test d’étirement : tirer doucement le tissu : fissures/déformation = stabilisation insuffisante.
- Envers : boucles et amas = tension/problème d’enfilage. Sur des colonnes satin, on vise souvent une présence visible du fil de canette au centre.
Dépannage
Quand ça se dégrade, suivez cette hiérarchie (correctif le moins coûteux → le plus coûteux).
| Symptôme | Cause probable | Correctif rapide (faible coût) | Prévention |
|---|---|---|---|
| Nid de fil (amas sous la plaque) | Enfilage incorrect ou tension supérieure trop faible. | Ré-enfiler complètement. Pied presseur relevé pendant l’enfilage. | Bien engager le fil dans les disques de tension. |
| Motif qui s’enfonce (devient peu visible) | Pas de film ou sous-couche inadaptée. | Ajouter un film hydrosoluble. | Choisir le bon tissu dans Save2Sew. |
| Casse d’aiguille | Densité trop élevée ou aiguille abîmée. | Changer l’aiguille. Contrôler la vue 3D. | Limiter le redimensionnement à ± 20 %. |
| Le redimensionnement ne change pas le nombre de points | Redimensionnement d’un fichier de points (PES), pas d’un objet natif (WAF). | Undo immédiatement. | Conserver un maître WAF. |
| Marques de cadre | Cadre trop serré sur tissu délicat. | Vapeur pour atténuer. | Passer à un cadre de broderie magnétique ou cadre adapté. |
Résultats
En appliquant rigoureusement ce flux de travail FTCU, vous obtenez :
- Sécurité numérique : une bibliothèque de fichiers WAF réellement éditables.
- Qualité sur tissu : des réglages cohérents avec la matière (via Save2Sew).
- Répétabilité : un process stable, que ce soit pour une pièce unique ou une série.
La broderie est un mélange d’art et d’ingénierie. Le logiciel fait les calculs, mais c’est à vous de gérer la physique : surveillez le nombre de points, validez le cadre, et sécurisez la stabilisation. Ensuite, lancez vos tests et produisez avec confiance.
